Pourquoi TOONS ?

J’ai eu mille vies, parfois loin du dessin, parfois en plein dedans. Et finalement, se construire, c’est aussi passer par là.

TOONS, c’est mon surnom depuis l’enfance.

C’est un nom qui m’a suivi très tôt. Bien avant le projet, bien avant l’idée de construire un univers autour. Plus tard, c’est aussi devenu mon blaze de graffeur. À cette époque, il y avait l’énergie de la rue, les lettres, les murs, le besoin de faire, de tester, d’exister à travers un nom.

Et puis les années passent.

Il y a des périodes où l’on est complètement dans le dessin. D’autres où la vie nous emmène ailleurs. J’ai connu les deux. Des moments très proches de la création, et d’autres plus éloignés. Mais avec le temps, j’ai compris une chose simple : ce qu’on est profondément ne disparaît pas.

Chez moi, le dessin n’a jamais vraiment quitté la pièce.

Même quand il était plus loin, il restait là. Dans le regard. Dans les réflexes. Dans la façon d’observer une image, une composition, une attitude, une silhouette. Certaines choses restent en nous, même en silence.

TOONS a suivi ce chemin-là.

Le nom n’a pas été inventé pour sonner comme une marque. Je ne l’ai pas cherché pour construire une image. Il était déjà là. Il faisait partie de mon histoire, de mes débuts, de mes années graffiti, de ma manière d’entrer dans l’image.

C’est sûrement pour ça qu’il est revenu naturellement.

Quand j’ai commencé à donner une vraie forme à mon travail, je ne me suis pas demandé longtemps comment appeler cet univers. Le nom était déjà vivant. Il avait déjà du vécu. Il portait déjà quelque chose de personnel.

Aujourd’hui, il est au centre de tout avec Toons Renaissance.

Ce projet rassemble beaucoup de choses qui m’accompagnent depuis longtemps. Le dessin, bien sûr. La culture visuelle. Les personnages qui restent dans la mémoire. Les images populaires que tout le monde reconnaît, mais que chacun ressent à sa manière. Il y a aussi la matière, la composition, le goût du détail, et l’envie de donner à ces références une autre présence.

C’est là que mon travail prend sa place.

J’aime les images qui parlent vite, mais qui ne se livrent pas entièrement au premier regard. J’aime quand il y a quelque chose d’immédiat, puis autre chose qui arrive après. Un souvenir. Une émotion. Un décalage. Une lecture plus personnelle.

C’est cette envie qui traverse mon travail aujourd’hui.

Le nom TOONS garde en lui quelque chose de direct. Quelque chose de vif, de visuel, presque instinctif. Et en même temps, avec les années, il a pris plus d’épaisseur. Il raconte un parcours. Des allers-retours. Des pauses. Des reprises. Une manière de revenir à soi.

Au fond, ce nom me ressemble parce qu’il a traversé plusieurs époques de ma vie.

Il y a l’enfance.
Il y a le graffiti.
Il y a les périodes de recherche.
Il y a les moments plus loin du dessin.
Et puis il y a aujourd’hui, avec cette envie de construire quelque chose de solide, personnel, vivant.

TOONS, c’est le fil entre tout ça.

Le fil entre ce que j’étais et ce que je construis maintenant.
Le fil entre la rue et l’atelier.
Le fil entre l’instinct du départ et le travail d’aujourd’hui.

Si j’ai gardé ce nom, c’est parce qu’il sonne juste.

Il ne raconte pas un personnage inventé. Il raconte un chemin. Il raconte une fidélité à quelque chose qui a toujours été là, même dans les périodes de distance. Il raconte aussi une envie de continuer, avec plus de recul, plus de liberté, plus de vérité.

C’est pour ça que TOONS est resté.

Et c’est pour ça qu’il est devenu naturellement le nom de mon univers.