Chapitre II — Pourquoi les supports atypiques sont importants pour moi
Il y a des artistes qui trouvent leur terrain naturel sur un seul support.
Moi, j’ai toujours eu besoin d’aller voir ailleurs.
Travailler sur des supports atypiques n’est pas un effet de style. Ce n’est pas une façon d’en faire plus. C’est une manière de chercher le bon endroit pour une image, le bon choc, la bonne présence.
Chaque support raconte déjà quelque chose avant même qu’on intervienne dessus.
Une toile n’a pas la même respiration qu’un billet.
Un objet détourné n’a pas la même force qu’un support classique.
Une surface marquée par son histoire ne reçoit pas l’image de la même façon.
C’est précisément ça qui m’intéresse.
J’aime quand le support participe à l’œuvre.
J’aime quand il ne sert pas seulement de fond, mais qu’il entre dans la lecture.
Qu’il apporte une tension.
Qu’il crée un déplacement.
Qu’il change la manière de regarder.
Dans mon travail, l’image ne vit jamais seule. Elle arrive toujours dans un contexte, dans une matière, dans une présence. Le support fait partie de cette rencontre.
C’est aussi une manière de rester en mouvement.
Quand on change de support, on change de rythme. On change de rapport au geste. On change de regard. Certaines idées deviennent possibles, d’autres non. Cela oblige à sortir des habitudes. Et pour moi, c’est important.
Je n’ai jamais eu envie de m’installer dans quelque chose de trop confortable.
Les supports atypiques m’aident à garder cette liberté.
Ils me poussent à réinventer l’image.
À la replacer.
À la bousculer un peu.
À lui donner une autre portée.
Il y a aussi une raison plus profonde.
Certains supports portent déjà un imaginaire très fort. Ils arrivent avec leur propre charge symbolique, leur propre mémoire, leur propre langage. Travailler dessus, c’est entrer en dialogue avec tout cela.
Je trouve ça passionnant.
Parce qu’à ce moment-là, il ne s’agit plus seulement de peindre ou de composer. Il s’agit de faire se rencontrer deux mondes : celui du support, et celui de mon univers.
C’est souvent dans cette rencontre que quelque chose se passe.
Une image connue peut devenir plus troublante.
Un symbole peut devenir plus personnel.
Une œuvre peut prendre une présence différente simplement parce qu’elle n’est pas là où on l’attend.
C’est pour ça que ces supports comptent autant pour moi.
Ils m’aident à construire une signature plus libre, plus directe, plus vivante.
Ils donnent à mon travail une tension particulière.
Ils me permettent aussi de sortir du cadre au sens propre comme au figuré.
Dans Toons Renaissance, rien n’est là par hasard.
Quand un support s’impose, c’est qu’il a quelque chose à dire.
Et souvent, il dit déjà beaucoup avant même le premier trait.
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